au revoir les p'tits gars...

Publié le par Marie

     

Aujourd'hui n'est pas un jour de visite ordinaire. Et j'ai le coeur un peu lourd.

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Quand les visites à l'Institut se sont organisées, sur ma demande, nous avions convenu un roulement de quelques semaines par enfant, afin qu'un maximum d'enfants profitent des bienfaits des visites.

Et je savais bien qu'un jour viendrait où Emeric et Julien devraient laisser leur place à leurs copains. Ce que je n'avais pas prévu, c'était l'attachement que je leur porterai. Et aujourd'hui, je suis triste car c'est notre dernière séance avec Emeric.

 

Alors, avec Grégoire nous avons organisé une dernière et très belle séance pour Emeric. Et nous avons décidé d'aller en ville avec lui. D'un point de vue légalité, nous pensions que ce n'était pas possible, mais aujourd'hui, la direction de l'Institut nous couvre complètement et est tout à fait enthousiaste pour que nous allions Grégoire, Emeric, les chiens et moi en ville. 

 

Et voilà comment s'est passée notre séance. 

 

Nous avons commencé par aller au bistrot. Emeric nous réclamait ceci depuis longtemps déjà, depuis le jour où je l'avais félicité de son autonomie en lui disant "maintenant que tu te débrouilles très bien avec les chiens, on va te laisser tout seul avec Athos et Ernest, et avec Grégoire on ira au bistrot !" Ce à quoi il avait répondu "d'accord, mais je viens avec vous !". Depuis lors, il nous réclamait à chaque séance : "c'est quand qu'on va au bistrot ?".  

C'est qu'il est drôlement heureux d'y être au bistrot ! Fier comme tout notre Emeric. Surtout qu'on le laisse rentrer en premier, avec ses chiens, qu'il les installe, qu'il les fait se coucher, et qu'il va chercher une gamelle d'eau pour eux.

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Puis, nous lui expliquons que dorénavant, ce ne sera plus lui qui promènera les toutous, et que nous verrons d'autres enfants désormais. Alors que Grégoire et moi nous sommes émus et chagrinés, Emeric continue d'afficher son beau sourire. Il ne se projette pas dans le futur. Et après tout, pourquoi s'attrister d'une situation qui n'existe pas encore ? Effectivement, parfois je me demande qui est dans le vrai...  

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Nous continuons à bavarder. Emeric me raconte l'internat où il passe désormais une nuit par semaine, ses sorties du mercredi et ses vacances, avec la même légèreté et bonne humeur que d'habitude. Puis, nous partons faire un petit tour en ville.

 

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Emeric est aux anges. Il est vraiment actif et présent. Lui, qui adore les voitures, est particulièrement gâté aujourd'hui ; ses yeux papillonnent de voitures en voitures, devinant les marques, les modèles etc...

Athos et Ernest, quant à eux, se demandent pourquoi aujourd'hui on ne cours pas dans les prés. Faut dire que ce ne sont pas des citadins les gros...    

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Puis Emeric nous raccompagne, fait un gros câlin à  Athos et à Ernest et me fait même un gros bisou (ce qui est très chouette car je le rappelle Emeric a quelques difficultés avec le toucher).  Et c'est ainsi que se termine notre belle page, écrite pour Emeric.  

 

 

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Mon fils, qui suit avec attention nos rendez-vous a voulu participer à sa façon, en faisant un dessin pour Emeric. Le voici :

 

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Je remercie Emeric de tout ce qu'il m'a appris, de sa bonne humeur et de cette si belle et si grande confiance qu'il nous a accordé, sans aucune retenue. Intervenir auprès de lui n'a été que douceur, bonheurs, émotions, rires et ... courses à pied. 

Lundi prochain, je reverrai certainement Emeric dans les couloirs de l'Institut et je suis sûre qu'il viendra nous voir et qu'il caressera avec plaisir "ses grands chiens oranges, ses chiens du lundi".

A bientôt, mon p'tit gars du lundi ! 

 

 

Publié dans Mars 2011

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Maria 09/03/2011 21:31



Sa joie, son regard qui pétillie, sont une sacré belle récompense pour tout ce que tu as fait avec Athos et Ernest. Une page se tourne c'est vrai, comme dans un bon et beau livre. Et puis, on
aura plaisir à feuilleter, les chapitres d'avant et ceux d'après, avec émotion, tristesse peut-être mais toujours avec beaucoup de bonheur. 



Marie 09/03/2011 21:39



Maria, ton commentaire est un résumé parfait de la situation. Il faut tourner la page, et en écrire une autre, avec certainement plein de petits bonheurs. Tu as raison.  


J'ai eu des échos de l'Institut : mardi, Emeric claironnait à qui voulait l'entendre "je suis allé au bistrot boire un coup avec mes deux chiens !". Happy end !



suzy 09/03/2011 18:48



émue de tes experiences, il me tarde de lire la suite, un pincement au coeur pour ton emeric, peut etre que lui saura gerer autrement cette experience, je le lui souhaite, 


bonne continuation marie, gros bisous pour toi 



Marie 09/03/2011 21:35



Merci de ta lecture bienveillante ma Suzy. Tu vois ton bébé travaille bien.



bellane over-blog.fr 09/03/2011 08:35



magnifique*un trés beau partage*bonne journée



Marie 09/03/2011 11:09



Merci beaucoup pour votre soutien !



cadix 09/03/2011 00:42



J'ai du apprendre à me "blinder" aussi contre ces émotions. Je ne suis pas confrontée à ces problèmes, mais plutôt à l'habitude de voir des personnes, que je ne revois plus à la prochaine visite
car ils sont dcd, ou bien à peine reconnaître en un mois, des gens malades qui ont bien décliné.


Ce que je peux constater sur ton reportage, c'est la joie et la sérénité du gamin ! C'est quand même une belle victoire ! Bravo à vous tous. Bises. FRANCOISE


 



Marie 09/03/2011 08:23



Merci de ton témoignage qui apporte sa pierre à l'édifice car ton expérience et ton point de vue sont intéressants.


Notre "métier" n'est pas toujours simple, c'est vrai, car il faut savoir s'investir affectivement et en même temps garder une certaine distance. L'apprentissage n'est pas toujours facile.



Cathy 08/03/2011 09:50



J'ai la larme a l'oeil et suis  un peu triste .....vivement lundi.Le dessin represente vraiment Emeric c'est chouette.


 



Marie 08/03/2011 14:27



Oui, ça fait mal au coeur. Ca fait deux semaines que je le sais et je le digère à peine...